Airbnb en copropriété en Thaïlande, ce que dit vraiment la loi | Sawadee Property
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Airbnb en copropriété en Thaïlande

Aussi appelé location courte durée en copropriété · Airbnb en condo · location à la nuit4 min de lecture

Louer son appartement à la nuit dans une copropriété thaïlandaise se heurte non pas à une, mais à trois barrières qui se cumulent. La loi hôtelière, la loi sur les copropriétés, et le règlement de l'immeuble lui-même. Être propriétaire de son lot ne suffit pas à s'en affranchir, et une seule de ces barrières suffit à rendre l'opération illicite. C'est le vrai visage de l'Airbnb en condo, très loin de l'idée qu'on possède et donc qu'on fait ce qu'on veut.

La règle des 30 jours, d'où elle vient

La première barrière est la loi hôtelière. Louer un logement pour moins d'un mois contre rémunération, à la nuit ou à la semaine, revient à exploiter un hôtel et exige une licence hôtelière. La location au mois ou plus, elle, en sort. C'est de là que vient la fameuse règle des trente jours, rendue célèbre par un jugement rendu à Hua Hin en 2018 qui a condamné la location courte durée d'un condo sans licence. Cette barrière existe pour tout logement, condo ou villa.

Voyageur avec sa valise dans le couloir d'un condominium, la location Airbnb en copropriété en Thaïlande

Ce que le Condominium Act interdit en plus

La deuxième barrière est propre à la copropriété. Depuis l'amendement de 2008, la section 17/1 du Condominium Act interdit d'exercer une activité commerciale dans un immeuble de copropriété à usage résidentiel, sauf dans une zone spécifiquement désignée pour le commerce. Les cabinets d'avocats considèrent qu'une location courte durée répétée constitue une telle activité commerciale, donc tombe sous cette interdiction. La nuance mérite d'être dite, le texte ne cite pas la location nommément, c'est une interprétation juridique, mais elle est constante. La sanction prévue est lourde, une amende pouvant atteindre 50 000 bahts, plus 5 000 bahts par jour tant que dure l'infraction. C'est une amende pénale, prononcée par l'État, pas par la copropriété.

Le règlement de copropriété peut l'interdire lui-même

La troisième barrière répond directement à la question que tout le monde se pose, une copropriété peut-elle interdire Airbnb. Oui. Une fois enregistrée, la copropriété se dote d'un règlement qui s'impose à tous les copropriétaires, y compris à ceux qui ont acheté avant son adoption. La Cour suprême a confirmé ce caractère contraignant. Le syndic peut donc voter une interdiction propre de la location de moins de trente jours, motivée par la tranquillité, la sécurité et le contrôle des accès. C'est une barrière autonome, qui existe même là où les deux lois seraient discutées.

Ce que la copropriété peut, et ne peut pas faire

La copropriété peut avertir le contrevenant, signaler l'infraction aux autorités, et surtout saisir le tribunal pour faire cesser l'activité et réclamer des dommages. En revanche, elle ne peut pas se faire justice elle-même. Couper l'eau ou l'électricité, bloquer l'accès aux parties communes ou à l'ascenseur pour faire pression sont traités par la Cour suprême comme des actes fautifs. La suspension de services et la majoration de 20 % par an que prévoit la loi visent les charges impayées de six mois et plus, pas une violation du règlement de ce type. Pour sanctionner une location sauvage, le chemin reste le juge.

Louer au mois, la voie qui reste ouverte

Rien n'interdit de louer son condo pour trente jours ou plus. C'est un usage résidentiel normal, hors du champ de la loi hôtelière comme de l'interdiction de commerce. Certains règlements imposent même une durée minimale plus longue, souvent six mois à un an, mais il s'agit alors d'une règle privée de l'immeuble, pas d'une exigence légale. Pour un propriétaire qui veut des revenus locatifs en règle, la location de moyenne et longue durée est la voie sûre, et notre service de gestion locative la structure de bout en bout.

À retenir

  • Trois barrières se cumulent, la loi hôtelière, la loi sur les copropriétés et le règlement de l'immeuble
  • Louer moins de trente jours dans un condo résidentiel est en principe interdit sans licence
  • La copropriété peut voter sa propre interdiction, elle s'impose à tous les propriétaires
  • Louer au mois ou plus reste autorisé, c'est la courte durée qui pose problème

Idée reçue

On entend souvent qu'être propriétaire de son lot autorise à en faire ce qu'on veut, y compris de l'Airbnb. C'est faux. La propriété d'un condo s'accompagne d'une copropriété des parties communes et d'un droit des voisins à la tranquillité. L'usage du lot reste encadré par la loi, qui réserve l'immeuble à l'habitation, et par le règlement de copropriété, qui s'impose à chacun. Louer à la nuit sort de ce cadre.

Questions fréquentes

Oui. Son règlement, une fois enregistré, s'impose à tous les copropriétaires, y compris à ceux qui ont acheté avant son adoption. La copropriété peut y voter sa propre interdiction de la location de moins de trente jours, et la Cour suprême a confirmé ce caractère contraignant.
En principe non, sans licence hôtelière de l'immeuble. La loi hôtelière et la loi sur les copropriétés s'y opposent toutes les deux, la seconde interdisant l'activité commerciale dans un immeuble à usage résidentiel.
Non. La Cour suprême traite ces mesures comme des actes fautifs. Pour faire cesser une location interdite, la copropriété doit avertir, signaler l'infraction aux autorités et, si besoin, saisir le juge.
Oui. Trente jours ou plus est un usage résidentiel normal, autorisé, sauf durée minimale plus longue imposée par le règlement de l'immeuble, souvent six mois à un an.
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D'autres termes à connaître

Sources

  • Hotel Act B.E. 2547 (2004), section 59, exploitation sans licence
  • Condominium Act B.E. 2522 (1979), section 17/1 sur l'usage commercial et section 65 sur les sanctions
  • Cour suprême de Thaïlande, jugements validant les interdictions de courte durée en copropriété, dont l'affaire de Hua Hin de 2018

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