Aussi appelé faut-il un avocat · avocat francophone · conseil juridique · real estate lawyer4 min de lecture
Faut-il un avocat pour acheter un bien en Thaïlande. La question revient sans cesse, et la réponse tient à une particularité du pays. Il n'y a pas de notaire en Thaïlande. Personne, dans le circuit officiel, ne vérifie le titre à votre place, ne sécurise les fonds ni ne garantit la transaction comme le ferait un notaire français. Ce vide, c'est votre propre avocat qui le comble. Prendre un avocat indépendant, choisi par vous et payé par vous seul, est sans doute la décision la plus protectrice de tout votre achat.
La Thaïlande ne connaît pas le notariat public au sens où on l'entend en France. Il existe bien des avocats habilités à certifier des signatures, appelés notarial services attorneys, mais leur rôle se limite à authentifier des documents, souvent destinés à l'étranger. Ils ne conduisent aucune vérification et ne garantissent rien de la vente. Le jour du transfert, le bureau des Terres enregistre le changement de propriétaire, contrôle le titre et le quota, encaisse les taxes, mais il ne conseille pas l'acheteur et ne le protège pas d'un mauvais achat. Entre le vendeur et cette administration purement enregistreuse, le seul acteur dont la mission est de défendre vos intérêts est l'avocat que vous avez mandaté.
Son travail commence bien avant la signature. Il mène la vérification préalable du bien, contrôle le titre au bureau des Terres, l'identité et les droits du vendeur, les hypothèques et les charges. Il rédige ou relit les contrats, de la réservation au compromis de vente, en négociant les clauses qui vous protègent. Pour un condominium, il vérifie le respect du quota étranger et la bonne arrivée des devises. Si vous ne pouvez être présent au transfert, il prépare une procuration sur le formulaire officiel du cadastre, le seul accepté, jamais un modèle rédigé librement. Il vous représente enfin à la séance de transfert. Et parce que l'étranger ne peut pas posséder le sol, il met en place les structures légales, bail, usufruit ou superficie, tout en vous écartant des montages illégaux à prête-noms.
Un point est décisif, l'avocat doit être le vôtre. L'avocat du promoteur ou du vendeur est payé par la partie d'en face, son devoir va à elle, pas à vous. Un conseil qui prétend représenter les deux camps est en conflit d'intérêts. La prudence n'est pas théorique. Des cabinets thaïlandais ont vendu à des acheteurs étrangers des montages en société à prête-noms présentés comme parfaitement sûrs, facturant même des honoraires annuels pour gérer les faux actionnaires, avant que ces clients ne se retrouvent poursuivis quand la loi a resserré l'étau. Un avocat peut donc lui-même vous vendre un piège. Vérifiez ses références et sa réputation avant de signer ou de virer le moindre fonds.
Les deux rôles sont souvent confondus, à tort. L'agent immobilier commercialise le bien, vous met en relation et négocie le prix, rémunéré par une commission le plus souvent côté vendeur. Il a donc intérêt à conclure, pas à révéler les défauts juridiques du dossier, et la profession n'est en Thaïlande soumise à aucune licence obligatoire. L'avocat, lui, exerce une profession réglementée, réservée aux ressortissants thaïlandais par la loi de 1985 sur les avocats. Un juriste étranger ne peut intervenir que comme consultant et doit s'appuyer sur un avocat thaï inscrit. Quand un cabinet francophone vous accompagne, assurez-vous qu'un véritable avocat thaï signe et agit derrière la traduction.
Il n'existe aucun barème officiel, contrairement au notaire français, et surtout aucun frais de notaire à votre charge. Chaque cabinet fixe librement ses honoraires, généralement au forfait et non en pourcentage du prix. Comptez un ordre de grandeur de vingt-cinq à cent mille bahts pour un accompagnement complet, vérification, contrats et transfert, davantage pour une villa, un terrain ou un montage en société, moins pour un simple condominium. Les débours administratifs, traductions et légalisations s'ajoutent au coût réel. Rapporté au prix d'un bien et au risque évité, c'est l'une des dépenses les plus rentables de l'opération. Notre équipe s'appuie sur des avocats partenaires pour sécuriser chaque étape, de la vérification avant achat jusqu'au transfert.
Beaucoup pensent que l'agent immobilier s'occupe de tout, ou que l'avocat du promoteur les protège. C'est faux dans les deux cas. L'agent est rémunéré à la commission et n'a aucune mission juridique, la profession n'étant même pas soumise à licence. Quant à l'avocat du vendeur, il défend celui qui le paie. Seul un avocat indépendant, choisi et payé par l'acheteur, travaille dans votre intérêt.
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