Aussi appelé falang · ฝรั่ง3 min de lecture
Farang, écrit ฝรั่ง en thaï, est le mot courant qui désigne un Occidental, une personne d'origine européenne ou blanche. Il ne veut pas dire étranger au sens large, un visiteur chinois ou indien n'est pas un farang, il est nommé autrement. C'est le mot que tout acheteur venu d'Europe entendra dès ses premiers jours en Thaïlande, dans la rue comme dans les annonces immobilières, et il vaut mieux savoir ce qu'il porte vraiment.
Farang remonte à Frank, le nom des Francs, ce peuple d'Europe. Il a voyagé d'ouest en est par le commerce, porté par le persan farangi puis par les marchands qui atteignaient l'Asie, et il a laissé des cousins dans beaucoup de langues, firangi en hindi, feringhee en Inde. Il est entré dans le thaï bien avant qu'une présence française ne se remarque dans le royaume. France, français et farang descendent donc du même ancêtre lointain, ce qui explique leur ressemblance, mais le thaï n'a pas emprunté le mot français. C'est un point sur lequel se trompent beaucoup de francophones.
Le même mot, farang, désigne la goyave. Le fruit venait d'Amérique et a été introduit à l'époque d'Ayutthaya par les Européens. Les Thaïs l'ont d'abord appelé le fruit des farang, puis simplement farang. C'est donc le fruit qui a pris le nom des étrangers, et non l'inverse. On n'appelle pas les Occidentaux des goyaves, la source du malentendu vient de là.
Dans l'usage courant, la plupart des sources décrivent farang comme un mot neutre et descriptif, pas comme une insulte. Il est si banal qu'il entre dans des mots ordinaires, la cuisine occidentale se dit aharn farang, la pomme de terre man farang. Le ressenti dépend surtout du ton et de la personne qui parle. Dans certaines bouches il peut sembler dédaigneux, dans d'autres il est parfaitement anodin, et les Occidentaux eux-mêmes sont partagés sur la question. Une forme est en revanche clairement injurieuse, farang khi nok, à connaître pour la reconnaître. Le reste est affaire de contexte.
Le mot revient dans deux expressions que l'acheteur croise vite. La première est le quota farang, le nom familier du quota étranger. Un étranger peut détenir en pleine propriété jusqu'à 49 pour cent de la surface des lots d'un immeuble en copropriété, au-delà l'immeuble n'est plus accessible qu'en bail. Le texte de loi dit étranger, pas farang, mais les annonces et les agents emploient le raccourci. La seconde est le prix farang, cette double tarification informelle où un Occidental se voit proposer un prix plus élevé. Elle est documentée surtout pour les parcs et les sites touristiques, elle apparaît parfois dans l'immobilier quand un loyer ou un prix de vente est gonflé pour un acheteur venu d'ailleurs. Ce n'est pas une règle du marché, c'est une raison de comparer et de se faire accompagner par quelqu'un qui connaît les prix réels. Notre guide pour investir en Thaïlande détaille les points où un acheteur étranger a intérêt à rester vigilant.
Beaucoup de francophones croient que farang est une déformation de français, parce que ça sonne pareil. Faux. Le mot vient de Frank, le nom des Francs, arrivé en thaï par le persan et le commerce, avant toute présence française marquante. France, français et farang ont juste le même ancêtre lointain.
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